Si l’on s’en tient à ses grandes lignes, cette histoire aurait malheureusement pu arriver dans la majorité des pays du monde: pour échapper à une tentative de viol, une jeune femme de 19 ans poignarde un homme, puis est condamnée par la justice et passe plus de sept ans en prison. Mais dans le contexte actuel de répression féroce menée par le régime des Mollahs, le fait que celle-ci se déroule en Iran nous permet d’y voir plus clair dans le fonctionnement de ce dernier.
D’un côté, la “coupable”, Reyhaneh Jabbari, élevée par ses parents “comme si elle était un garçon”, progressiste, ambitieuse. De l’autre, la “victime”, Morteza Sarbandi, ancien agent des services secrets, issu d’une famille religieuse, fidèle à l’idéologie dominante. Lorsque Reyhaneh est condamnée à mort à l’issue d’un procès transformé en symbole politique, sa famille remue ciel et terre pour qu’elle soit épargnée, et prend tous les risques pour porter le message de celle qui, depuis sa cellule, devient peu à peu et sans l’avoir voulu la porte-parole de toutes les victimes des injustices de la dictature.