Dire d’un film qu’il est une “expérience” est devenu un lieu commun mais, voilà, il arrive que cela soit vrai. C’est le cas de Viktor, produit par Darren Aronofsky, pour lequel on irait même jusqu’à parler d’“expérience sensorielle”. Le réalisateur français Olivier Sarbil y suit Viktor, donc, jeune homme ukrainien aux yeux sombres et doux, à la voix rauque, né à Kharkiv, passionné par les samouraïs, et qui rêve depuis toujours de devenir guerrier. Quand l’ennemi russe se rapproche de sa ville, Viktor fait tout pour s’engager dans l’armée et défendre son pays, mais ne reçoit des recruteurs que des réactions gênées aux entournures. Car Viktor est malentendant. “On me dit que le front n'est pas fait pour moi. Mais dans ce chaos, en quoi suis-je différent?”, interroge-t-il avant, enfin, de rejoindre les premières lignes du combat en tant que photographe. Alors que la guerre est depuis toujours associée au bruit et à la fureur, on la découvre silencieuse, calme, faite de plans fixes et de voix sourdes. Jusqu’à ce que, au beau milieu du noir et blanc, jaillisse la lumière.